Céline Romain, gérante-fondatrice de RurBan Coop

02/08/2019

Nous avons rencontré Céline Romain, gérante-fondatrice de RurBan Coop, elle a répondu à nos questions et nous raconte son parcours.

Arrivée à 18 ans à Melun, cette autodidacte a suivi un parcours professionnel atypique jusqu’à la création de la coopérative RurBan Coop, à La Rochette. Un modèle d’entreprise qu’elle défend aujourd’hui au “Comex 40” du Medef.

Vous avez créé RurBan Coop, il y quelques années. Qu’est-ce qui vous a séduite dans cette approche fondée sur le coopératif ?

J’ai commencé à travailler sans diplôme, en enchaînant les petits boulots dans différentes sociétés de l’agglomération jusqu’à devenir une commerciale confirmée. En parallèle, je me suis investie dans le lancement des Paniers de Vaux, la première AMAP du territoire. J’ai toujours été guidée par des convictions sociétales et environnementales. C’est pourquoi il était important que ma vie professionnelle soit en accord avec elles. J’ai d’abord trouvé un emploi au Centre régional de l’Economie sociale et solidaire (ESS) à Paris, où j’ai été formée à l’accompagnement à la création d’entreprises. C’est également là que j’ai découvert la coopérative d’activité et d’emploi (CAE). J’ai rapidement constaté que, comme c’est souvent le cas, ce type de service n’existait pas en dehors de Paris.

 

En quoi consiste une CAE ? 

Il s’agit d’une structure qui permet à des entrepreneurs individuels de créer leur activité, en conservant leur statut de salarié. Avec RurBan Coop, le porteur de projet est accompagné gratuitement pendant une année et bénéficie ensuite du statut d’entrepreneur-salarié. Dès son entrée, la coopérative assure pour lui toute la gestion administrative, en lien avec son statut. Nous nous rémunérons en commissionnant un pourcentage du chiffre d’affaires. Nous comptons 80 entrepreneurs individuels qui adhérent à nos valeurs : le collectif, la démocratie participative car toutes les décisions sont collégiales, et l’humain qui prime sur le reste.

 

Quelle est la particularité de RurBan Coop, qui est installée sur le territoire de la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine ?

Nous avons répondu à un réel besoin des entrepreneurs de l’agglomération, mais aussi du nord de la Seine-et-Marne et même de l’Essonne. Le nom de la coopérative provient de la contraction des mots rural et urbain, qui sont à l’image de ce qu’est le territoire. Les activités que nous hébergeons en sont représentatives : la communication, la formation mais aussi l’artisanat, puisque nous accompagnons un tapissier, un maître verrier et un maraîcher. Nous sommes installés au Hcenter de La Rochette, où nous louons un espace de coworking pour ceux qui souhaitent se retrouver, en plus des rendez-vous que nous organisons régulièrement.

 

Vous avez intégré le “Comex 40” du Medef. Une belle promotion !

Ce comité exécutif est composé de dirigeants de moins de 40 ans. Il a été créé pour insuffler un nouveau souffle dans les réflexions sur les grands changements, environnementaux et sociétaux, auxquels les entreprises sont confrontées. Ma candidature a été portée par la section seine-et-marnaise du Medef, dont je suis membre depuis deux ans. Quand j’ai appris que j’avais été retenue, j’étais ravie, car tous les départements n’y sont pas représentés. C’est une magnifique opportunité de porter nos idées, mais aussi de parler du modèle coopératif et de l’ESS qui apportent, j’en suis persuadée, des réponses pertinentes à nos problématiques actuelles.