Dominique Peljak, directeur du Groupe hospitalier Sud Ile-de-France (GHSIF)

02/07/2020

Depuis les prémices de l’épidémie du coronavirus, le GHSIF est pleinement engagé dans la lutte contre le virus. L’établissement, qui bénéficie d’une structure neuve, a pu compter sur un personnel ultra-mobilisé, comme l’explique son directeur Dominique Peljak.

Comment avez-vous fait face à l’épidémie de Covid-19 ?

La crise, qui n’est pas encore terminée, a connu différentes phases. Le SAMU, dont le siège départemental est au sein de l’hôpital de Melun-Sénart, a tout d’abord dû répondre à une recrudescence d’appels, jusqu’à 6 500 environ par jour, soit six fois plus que d’habitude. Quand le niveau 2 de l’épidémie a été déclenché, le GHSIF est devenu l’établissement d’accueil de l’ensemble des patients Covid de Seine-et-Marne avant que ce rôle ne soit étendu à toutes les structures sanitaires du département. La deuxième phase a correspondu à une montée en charge des hospitalisations : nous avons accueilli, en prenant toutes les précautions sanitaires, plus de 700 patients atteints par ce nouveau virus. Quelque 36 malades sont encore à l’hôpital dont 7 en réanimation, 562 ont été soignés et 129, malheureusement, sont décédés. Aujourd’hui, nous sommes dans un troisième temps, puisque nous intervenons aussi au sein des EHPAD, des foyers de travailleurs ou dans des lieux en rupture de soin, tels que les camps de Roms.

 

De quelle façon vous êtes-vous réorganisés pour faire face à l’arrivée de ces nombreux patients ?

Nous avons changé l’organisation des locaux en permanence : un pré-tri était effectué sous une tente à l’extérieur des urgences, puis nous avons transféré tous les services pour accueillir de plus en plus de malades. La clinique Saint-Jean nous a loué des locaux et les urgences de celle des Fontaines ont également participé à l’effort. Étant le seul centre de réanimation de l’agglomération, nous avons augmenté notre capacité, grâce à cette réorganisation, de 22 à 49 lits de réanimation. En quelques jours, un des premiers laboratoires publics de Seine-et-Marne, capable de dépister la maladie, a vu le jour. Un « drive » a même été installé au pied du bâtiment désormais accessible à tous ceux qui ont une ordonnance médicale.

 

Quel regard portez-vous sur l’engagement des soignants durant cette période anxiogène ?

Je savais que nous étions prêts à affronter cette crise. Bien sûr, tout cela nécessite un personnel compétent et je veux d’ailleurs saluer le courage, la conscience professionnelle et le sens du devoir des médecins, des soignants et de tous ceux qui travaillent au sein du GHSIF, lequel s’appuie sur l’hôpital de Melun-Sénart, celui de Brie-Comte-Robert, sans oublier une vingtaine de structures extrahospitalières. Je pense à tous ceux qui travaillent à l’hôpital, à savoir les agents de nettoyage, administratifs, cuisiniers ou électriciens. Je suis réellement fier d’eux. Dès fin février, nous avons mis en place une cellule de renfort du personnel. Au pic de la crise, jusqu’à 200 personnes extérieures, retraitées ou en provenance d’autres régions, nous ont prêté main forte. Nous avons également mis en place une cellule psychologique et une autre, « solidarité hôpital », qui gérait de très nombreux dons venant de particuliers, d’élus ou d’entreprises du territoire. La crèche de l’hôpital a continué à accueillir les enfants de soignants et l’agglomération s’est également impliquée avec l’Education Nationale dans la prise en charge des enfants des personnels hospitaliers.

 

Le corps médical s’est rapidement inquiété des autres malades. Comment le Santépôle gère-t-il cette problématique ?

En effet, certains patients souffrant de maladies chroniques ont eu peur de se rendre à l’hôpital et leur état a pu se dégrader, parfois gravement. Aujourd’hui, notre objectif est d’assurer leur sécurité en favorisant la téléconsultation et en organisant des circuits dédiés lorsque l’examen physique est indispensable. Il est très important de comprendre que le risque encouru en ne se soignant pas est bien plus élevé que celui de contracter le Covid à l’hôpital. Il est impératif que les patients reviennent consulter en ville ou à l’hôpital. Qualité et excellence demeurent le leitmotiv du GHSIF.