Père ou Fils au Mée-sur-Seine
Père ou Fils au Mée-sur-Seine
© Svend Andersen 

Culture / Zoom sur

Sur un malentendu...

Le quiproquo est l’un des ressorts dramatiques les plus utilisés par les auteurs, en raison de son fort pouvoir narratif, qui permet de nouer l’intrigue en créant des situations qui courent sur un large spectre, du comique au plus tragique. A retrouver dans "Père ou fils", le 21 septembre au Mée-sur-Seine.

Publié le

Quiproquo

De Sophocle à Molière en passant par Beaumarchais, Feydeau et Shakespeare, tous y ont eu recours. Les premiers auteurs comiques, comme le Latin Plaute, s’appuient déjà sur le malentendu pour susciter le rire du public. Quelques siècles plus tard, ce genre théâtral est l’un des poumons de la commedia dell’arte (comédie de l’art), dont s’inspirera Molière : la méprise s’étire au fil des scènes, engendrant des situations comiques, avant l’inévitable explication puis le dénouement.
Dans L’Avare, Harpagon parle-t-il de son argent ou de son amour pour une jeune fille ? À quel moment Scapin va-t-il réaliser que son maître ne connaît pas toutes les fourberies qu’il est en train d’avouer (Les Fourberies de Scapin) ? Au siècle suivant, Marivaux excelle aussi dans le maniement de cet exercice. Dans Le Jeu de l’amour et du hasard, Dorante et Silvia sont animés par la même idée de prendre la place de leur domestique, un double travestissement qui permet à l’auteur, incidemment, de critiquer le mariage de convenance.

Déjà dans Œdipe Roi

William Shakespeare en fut aussi l’un des maîtres. La Comédie des erreurs n’est-elle pas un enchaînement de malentendus provoqués par la présence, parmi les personnages, de deux paires de jumeaux ? Quant à Roméo et Juliette, le dénouement aurait-il été tel, si le jeune Montaigu avait été prévenu à temps du stratagème pour retrouver son amante, qu’il croyait morte ? Mais saviez-vous que le quiproquo irriguait déjà les tragédies, longtemps avant ?
Replongeons-nous dans Œdipe Roi, au Ve siècle avant Jésus Christ. Après l’assassinat de l’ancien roi, Œdipe exige que l’on retrouve instamment l’auteur, qui n’est autre que... lui-même. S’en suivront autant de malentendus qui provoqueront des malheurs en cascade, puisque le héros prendra pour épouse sa mère, ses enfants étant ses frères et sœurs. 

Dans le corps d’un autre

La pièce Père ou fils (Compagnie du Théâtre des Béliers) s’inscrit dans cette tradition du comique de situation. Ici, il est question d’un père et de son fils qui se retrouvent dans le corps de l’autre. Le rire est au rendez-vous, les quiproquos désopilants et l’effet réussi. 

Article rédigé par Claire Teysserre-Orion (agence TOUTécrit)

Rendez-vous